Stromatolithes

Stromatolithes

          Nous sommes plus ou moins  familiarisés avec la végétation du passé, entre l’ère primaire (- 500 millions d’années) et l’ère quaternaire (quelques millions d’années). Les formes de vie ont beaucoup évolué au long de cette période : d’innombrables espèces ont disparu…d’autres ont vu le jour mais on note peu de différences fondamentales quant aux mécanismes biologiques des grands embranchements des plantes et des animaux. Cependant nous manquons encore de témoignages indiscutables sur l’apparition de la vie sur la Terre (vers -3 milliards d’années) et sur son évolution jusqu’à l’ère primaire ; or il en est au moins un qui ouvre la voie à de nombreuses hypothèses : les stromatolithes. Il s’agit de formations carbonatées qui se sont constituées à partir de -2,5 milliards d’années (voire -3,5 pour certains), grâce à de microscopiques algues bleues et bactéries, et se sont développées au long de toutes les périodes  géologiques jusqu’à nos jours. Ceci a permis aux chercheurs de découvrir les secrets de leur élaboration et leurs particularités, qui peuvent être capitales dans la compréhension des origines de la vie. L’abondance de ces formations dans le monde a probablement été considérable à certaine époques anciennes.

          Les stromatolithes, du grec stroma (tapis) et lithos (roche), en somme des « roches en tapis superposés », sont des formations laminées de calcite (CO3Ca) déposées en bordure de lagunes marines ou d’océans et, par la suite, éventuellement exhaussés lors de mouvements tectonique, ainsi érigés en altitude. Ces formations peuvent atteindre des centaines de mètres de hauteur (on parle de 3000 m dans un massif de l’Anti-Atlas au Maroc), couvrant de très vastes étendues. Leur aspect est souvent celui de collines peu accidentées mais couvertes de mamelons de près d’un mètre de circonférence. On en trouve dans de nombreuses régions du globe et en particulier en Australie où on relève les plus anciens, mais aussi les plus récents actuellement en cours de formation. Les stromatolithes ne sont pas des fossiles malgré l’apparence des strates que l’on observe sur des coupes de roche polie, et elles appartiennent aux roches sédimentaires. Néanmoins leur origine est biologique : avec le concours de différentes conditions favorables, certaines algues bleues captent l’énergie du soleil (par photosynthèse) et transforment le bicarbonate de calcium dissout dans la mer en carbonate de calcium qui précipite en cristaux (avec dégagement d’oxygène qui se dissout dans la mer jusqu’à saturation, avec diminution d’acidité - le PH se rapproche de 7- avant de s’échapper dans l’atmosphère). Tous ces facteurs sont favorables au développements de la vie.

          Un paramètre indispensable à la formation des stromatolithes est le phénomène de « subsidence » d’origine tectonique, qui permet la croissance de cette formation : le fond marin s’abaisse lentement et, en réaction à cet approfondissement, le stromatolithe se développe en hauteur afin de se maintenir à fleur d’eau : ceci explique les « tapis superposés » typiques de ces formations. Un stromatolithe est donc une roche d’origine biologique qui "pousse" verticalement.

          Cet ensemble de phénomènes s’appelle  la bio-minéralisation, c’est la première manifestation claire du contrôle par le « vivant » d’une partie du règne minéral.

Sources : Jean Dejax, Maître de conférences au Département Histoire de la Terre au Muséum national d’histoire Naturelle, Claire König et  Wikipedia sur Internet