Préphanérogames et Conifères

Préphanérogames et Conifères

          A la fin de l’ère primaire, les Préphanérogames constituaient un groupe important de végétaux. De nos jours, ils ne sont plus représentés que par quelques espèces dans deux ordres dont la plupart des ancêtres ont disparu : les Cycadales et les Ginkgoales. On en a constitué un embranchement particulier depuis que l’on a constaté qu’ils n’avaient, malgré les apparences, ni vraies fleurs ni vraies graines. Les botanistes semblent d’accord sur le fait qu’ils sont physiologiquement situés entre les Fougères et les Phanérogames vrais.

          Les Cycadacées (du grec kkas, palmier) ressemblent à de petits palmiers dont le tronc ne dépasse pas quelques mètres de hauteur avec un bouquet de feuilles composées et pennées de grande taille. Leur croissance est très lente : dans son milieu naturel un Macrozam de un mètre de hauteur peut avoir une centaine d’années, et il pourrait vivre 1000 à 2000 ans. Une centaine d’espèces sont recensées en neuf genres, surtout originaires de l’hémisphère Sud.                                           

          La reproduction sexuée ne s’est libérée que très lentement du milieu aquatique et il a fallu attendre pratiquement la 2ème moitié de l’ère secondaire pour assister à l’explosion du développement des Phanérogames (du grec phaneros, visible ; et game, union) : plantes à fleur, reproduction par graines.

          Mises à part les Gnétales qui n’ont qu’un représentant dans les forêts équatoriales indo-malaises, les Conifères ou Résineux (par opposition aux Feuillus) sont le seul sous-embranchement dont les ovules et les graines sont nus, d’où l’appellation de Gymnospermes. La plupart des Conifères sont pourvus de canaux sécréteurs producteurs de résines et d’essences caractéristiques. Les  Conifères comportent des arbrisseaux et surtout des arbres souvent gigantesques. Les feuilles sont des aiguilles ou des écailles le plus souvent persistantes. Les fleurs sont unisexuées :  les fleurs mâles sont souvent des chatons d’étamines comportant de nombreux sac polliniques dont le pollen sera dispersé par le vent ; les fleurs femelles sont souvent des cônes dont les écailles protègent les ovules pendant la maturation qui peut durer 1 à 3 ans. Les embryons comportent 2 à 15, voire 17 cotylédons. Les 4 ordres des Conifères sont représentés ci-après :

          L’ordre des Pinales ne comporte qu’une seule famille : les Pinacées (Pins, Abies, Mélèzes, Sapins, Epiceas,...) constituent la grande majorité des Résineux. Elles comportent de très grands arbres – certains atteignent 100 m. de haut - à  feuilles en général persistantes (sauf les Mélèzes en particulier), le plus souvent en aiguilles. Toutes les fleurs des Pinacées sont unisexuées : fleurs mâles à écailles supportant des sacs polliniques et cônes femelles axillaires ou terminaux .La famille comporte  environ 10 genres et 200 espèces, le plus souvent originaires de l’hémisphère Nord. Elles résistent bien au froid et à la sècheresse. Elles sont très employées en bois d’œuvre et pour la pâte à papier ; leurs résines et essences sont très utiles dans l’industrie ; beaucoup d’espèces sont ornementales.                                        

          L’ordre des Araucariales regroupait des espèces fossiles très diversifiées au Trias supérieur (- 200 millions d’années environ). Elles ne sont plus représentées maintenant que par la famille des Araucariacées. Elles ont à la fois des caractères archaïques et évolués. Ce sont des arbres de grande taille dont les branches principales sont généralement verticillées par 4 ou 5 ; les branches secondaires sont opposées. Les feuilles sont des écailles courtes et imbriquées, ou longues et opposées comme de grandes palmes, ou encore ovales et charnues, s’enroulant plus ou moins en hélice sur de longs rameaux verticillés. Les chatons mâles avec sacs polliniques sont très allongés (environ 20 cm); les cônes femelles sont plus gros et portent environ 700 écailles avec un ovule par écaille.  Les graines des Araucarias ont 2 ou 4 cotylédons. Deux genres seulement surtout présents en Australie et en Nouvelle Calédonie.                   

          L’ordre des Cupressales (du latin Cupressus, du nom du genre le plus répandu) comporte deux familles de Gymnospermes dont les caractères spécifiques et les liens de parenté sont assez dispersés et d’analyse délicate: genres et espèces sont souvent monospécifiques.

          Les Taxodiacées ou Taxodiées (du grec taxus, pique ?) ont les caractères généraux des Conifères mais, pour les raisons évoquées ci-dessus, leurs particularités ne sont pas abordables facilement sans entrer dans le détail, et beaucoup d’auteurs se contentent de les regrouper avec les Pinacées… Elles comportent les plus grands arbres existant à ce jour : le Séquoïa géant peut atteindre 150 m de hauteur avec un tronc de 30 m de diamètre. On estime que certains auraient vécu 4600 ans. Les feuilles généralement persistantes sont allongées et plates, mais aussi en aiguilles verticillées ; certaines  espèces sont à feuilles ou à rameaux caduques (le Cyprès chauve, le Metasequoïa par exemples). Plantes monoïques ; cônes femelles assez gros. Elles sont originaires de l’Amérique Nord et de l’Asie. Dix genres ayant peu de caractères en commun sont originaires d’Amérique Nord, d’Europe et d’Asie.               

          Les familles des Cupressacées et des Junipériées regroupent des Résineux assez divers ; comme en ce qui concerne les Taxodiacées, elle sont souvent regroupées aux Pinacées. Ce sont des arbres ou arbustes dont les feuilles sont courtes et piquantes (Genévriers) ou en écailles (Thujas, Cyprès). Les fruits sont globuleux chez les Cyprès, plus allongés chez les Thujas ; ils ont l’aspect de baies chez les Genévriers. Environ 14 genres et une centaine d’espèces dont la moitié pour le seul genre Juniperus ; souvent assez dispersés en régions montagneuses et chaudes à tempérées.

          L’ordre des  Taxales, dont la principale famille est constituée par les  Taxacées fait exception aux généralités indiquées pour les Conifères car les fruits ne sont pas organisés en cônes femelles : les ovules restent nus et solitaires pendant leur développement. Présentes avec certitude depuis quelque 200 millions d’années, ces plantes sont en voie d’extinction. Ce sont des arbres ou des arbustes, dont certains de très grande longévité, à feuillage persistant et sans résine. Ils sécrètent néanmoins des substances chimiques très toxiques dans presque tous leurs tissus ; elles sont très employées en pharmacie (en particulier un alcaloïde : la taxal, ayant une activité anti tumorale). Chez l’If d’Europe, le fruit ressemble à une baie rouge car la graine est entourée d’un arille pulpeux. Environ  15  espèces en 5 genres très dispersés dans le monde. Les Céphalotaxacées, seule autre famille de l’ordre, comportent un seul genre et environ cinq espèces.